EXPOSITION "AH ! LA MER" AU MUSEE D'OPALE SUD 

 


"Trois encriers à la mer"

"58 messages in a bottle"


"Arbre à loques"

"Fish tree ship"

"Chandelier à Robert (H)"





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 "Ah! La mer..." 30 mai - 27 septembre 2009

Autodidacte revendiqué, Jean-Pierre Umbdenstock est tombé dans le verre à la fleur de l'âge, en s'initiant au vitrail et au soufflage dans les années 1974 - 1978, pour installer, une fois la trentaine venue (1980) un premier atelier. S'en suit un curriculum vitae qui, de four de fusion en arche de recuisson, aurait vite fait de ranger notre homme en bonne place au panthéon des "verriers" contemporains et qui justifie sa présence dans les grandes manifestations qui leur furent consacrées tant en France ("Couleurs et transparences" au Musée National de Sèvres) qu'à l'étranger (Kanazawa et Kyoto au Japon, Séoul en Corée, Vienne, Cologne, etc., etc.). Difficile d'échapper à sa matière! Pourtant, au fil des années, Jean-Pierre Umbdenstock s'est affirmé comme un plasticien original, qui tire de la matière vitreuse le support à un discours élégant et austère. Nul autre que lui n'avait vu en la rognure - cette chute, ce trop soufflé que le verrier élimine au cours de son travail, le potentiel créatif issu d'un geste essentiel. Pendant de "l'Arbre à loques" ou surgissant du "Cairn", les rognures participent de plein droit à la sculpture. La mutation du verre incolore en un volume que rythme seule l'alternance du transparent et de l'opaque ne suffisait pas à cet iconoclaste qui s'est mis en tête d'écrire sur cette surface, de conforter la signifiance de la forme par un dense réseau de signes, de rendre bavard ce silence profond par une écriture têtue et entêtante. Mélange de citations littéraires et de digressions poétiques, de réflexions teintées d'humour sur fond de métaphores autobiographiques où le Francis Blanche des "Tontons flingueurs" vient tenir le crachoir à Henri Michaux, le chemin de Jean-Pierre Umbdenstock prend la sinuosité capricieuse de ce "Kurupa", escargot-fétiche adopté par l'artiste dans les lenteurs moites de l'Ile Maurice. Cet itinéraire atypique croise aujourd'hui celui des artistes "Berckois" dont les oeuvres peuplent le musée d'Opale-Sud. Le souffle qui gonfle la voile des cordiers de Lavezzari et de Tattegrain entraîne dans leur sillage le "Fish tree ship" tandis que les bouteilles à message viennent s'échouer au pied des dunes de la baie d'Authie. Hommage à Francis Tattegrain, la plus émouvante d'entre elles, créée pour le musée d'Opale-Sud, porte sur la vague du temps la mémoire des pensionnaires de l'Asile Maritime.

Georges Dilly