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Jean-Pierre Umbdenstock est né en septembre 1950 à Paris. Il commence par apprendre le vitrail dans l'atelier de Le Chevalier jusqu'en 1978. A la suite de quoi il fait un stage de verre soufflé à Sars-Poteries. Après un bref passage chez Claude Morin, il installe son propre atelier en 1980 à Ongles, dans les Alpes de Haute-Provence. C'est là qu'il réalisera les vitraux de la chapelle de Simiane-la-Rotonde. Lauréat en 1983 d'une bourse de recherche et de création du Ministère de la Culture, il passe un an au California College of Arts and Crafts sous la férule de Marvin Lipovsky, y réalisant des pièces en graal et des assemblages en verre armé et souffié. Depuis lors, ce nomade du verre se ballade d'atelier en atelier, suivant les besoins de son travail. Ses dernières oeuvres lui permet tent d'affirmer la cohérence croissante de sa recherche et de son talent. Vitrail, sculpture et gravure sur verre... Jean-Pierre Umbdenstock est resté très éclectique pendant sa courte et brillante carrière de verrier. Il se dit lui-même "dilettante", "touche-à-tout". Aujourd'hui on le voit s'orienter vers une synthèse de tout ce qu'il a fait, délaissant peu à peu la sculpture pour revenir à la transparence et aux formes archétypales. Plats, totems, cônes, sont pour lui ces lignes idéales qui servent de support à l'impression visuelle et, en fin de compte s'effacent ou, à la limite, disparaissent comme le voudrait l'artiste. Celle qui domine, le cône, ou grand vase en V est pour lui une de ces formes élémentaires, non-close sur elle-même qui évoque l'extrême tension entre deux forces issues d'un même fondement. Mais il y a aussi les totems dont le côté plus narratif donne la possibilité de raconter une histoire. Jean-Pierre Umbdenstock ne souhaite pas travailler seul. Il a réalisé ses grandes pièces avec trois autres verriers Jean-Luc Garcin, Véronique Lutgen et Sylvie Boyer. Le temps de la réalisation est pour moi essentiel. Il suppose une concentration absolue, beaucoup de respect, d'attention et de compréhension mutuelle, une entente quasi-orchestrale que l'on pourrait comparer à celle d'un quatuor à cordes"... La partition est minutieusement élaborée à l'avance. Les verriers préparent trois pièces en même temps sur trois cannes. Ensuite ils ouvrent le fond et les rassemblent, recueillant parfois une autre couche de verre par dessus. Le côté physique du travail compte beaucoup: les gestes à la fois très lents et efficaces, l'absence de verbiage, le rituel très simple et dense qui entoure la réalisation et fait que deux heures de travail se trouvent confirmées en quelques secondes. Est-ce le refus de l'anecdote, de l'encombrement, qui l'a amené peu à peu à délaisser la sculpture pour revenir au soufflage du verre? Une démarche de purification des gestes et de l'expression qui n'est pas sans évoquer l'alchimie, car Jean-Pierre Umbdenstock tient à se garder de la magie facile du verre, des effets qui séduisent en même temps qu'ils arrê tent le regard. Pour lui, le verre n'est pas n'importe quelle matière dont on peut faire n'importe quoi: il a un language particulier que l'on doit accepter et dont il faut utiliser tout le potentiel sinon on rate l'expression. Le verre doit permettre un passage vers l'Inconnu".. N'est-ce pas précisément là la fonction de ces étranges totems, grandes fleurs, déconcertantes, posées sur leur tige, porteuses d'un manifeste qui se laisse déchiffrer comme un message secret: visage de femme, fragments de discours, tableau abstrait... S'agit-il de projections de lui même, de doubles? Ou alors, plus profondément, les totems représentent-ils l'incursion dans une dimension mythique par laquelle l'artiste établit une relation avec le mana, s'assurant ainsi une protection sa crée, ce qui serait pour lui une façon d'inclure la mort tout en l'exorcisant. Ses grands vases, pesants mais dépourvus de toute lourdeur, sont d'une structure ternaire à la fois dans leur épaisseur et dans leur hauteur en laquelle on peut distinguer trois couches superposées et le plus souvent fondues. De la transparence du bas à l'opacité du haut montent en ondulant de longues et fines plantes que l'on dirait aquatiques. Elles s'étirent sans hâte, se traçant un chemin incertain de la base au sommet à travers une pâte aux couleurs d'incendie ou de cendres chaudes lorsqu'un sablage éteint la vivacité des couleurs tantôt de fond marin peuplé d'algues et de paramécies. C'est un jeu subtil entre le feu et l'eau, les flamèches au graphique fragile établissant le lien entre les trois mondes suggérés. Entre pesanteur et légèreté, opacité et transparence, tout reste possible: la tension demeure ouverte, l'ambiguïté entretenue mais comme sur le point d'être résolue. Edith de la Héronnière
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