« L'appréhension, je l'ai lente et embrouillée »
Montaigne
(Et moi donc !)

D'abord il y avait le verre, matière plastique dialectiquement neutre. Il y avait aussi la beauté formelle des écritures, d'où qu'elles viennent.
Verre et écriture sont devenus conjointement matière et sujet même de mon propre travail. C'est avec les produits issus de ces pratiques mélées que s'élabore mon rapport au monde ; que je me tricote en somme. Graduellement et à la vitesse du kurupa* (mon totem).
Graphorrhéique, j'écris sur, à propos et avec le verre qui, de médium privilégié, est devenu aussi support, thème et outil de ma pratique artistique. Comment?
Avec du peu, les rognures (convenons de les nommer hyalèmes) déchets pour les uns, fragments ordinaires** pour moi.
Avec du presque rien, un filet de verre chaud devenu outil de pyrogravure.
Avec du rien : des signes en réserve qui sont eux-mêmes transparents.
Avec du moins que rien : quelques chimères dans leur écrin...

On produit tellement d'efforts parfois pour comprendre ce que l'on fait spontanément. Éclectique, je parsème avec parcimonie mon chemin d'exuvies bâtardes et ne suis, décidément, qu'une manière de rhapsode.

* Kurupa : Nom créole d'un escargot de terre de l'Île Maurice dont la coquille a la forme de celle d'un bulot. (Court pas)

** Anne Coquelin in Court traité du fragment

 

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