Article de Claire Lerat. "L'Atelier " Avril 1987


On pourrait appeler ça le paradoxe des amateurs et en faire un théorème: venant voir ce que l'artiste a fait de nouveau, ils sont déçus pourtant de ne pas retrouver ce qu'ils connaissent de l'exposition précédente. C'est plus grave qu'un métro parce qu'on ne sait pas quand ce retard peut se rattraper. Le phénomène est d'autant plus flagrant aux expositions du verrier Jean-Pierre Umbdenstock parce que celui-ci, plein d'invention et d'humour n'en fait qu'à sa tête, invente des pirouettes et les amateurs et collectionneurs se déroutent!


Cette fois ses pièces lançaient des signaux. Arbres, mains à plus de cinq doigts ou à moins, bonshommes ou marionnettes ou kimonos ou épouvantails. Mais qui jouent de toutes leurs extrémités, doigts, cornes, boucles, mèches folles, cornettes pincées, twistées, enlevées, pour se déguiser aussi en signes. Idéogrammes, ils se combinent en séries de cinq ou trois pièces, en variations: multicolore-uni, blanc mat - bleu brillant, pièce simple - pièce pleine de doigts, exubérance - des taches comme jetées àla brosse mais qui sont gouttes de verre multicolores prises dans la masse - et calme. Solite insolite disait Anna Karina dans Pierrot le Fou à propos de Ferdinand, et aussi diurne et nocturne. Ça va bien à ces bonshommes, et le bleu du verre est fort comme celui à la fin du film sur la figure du héros. Et ça c'est un compliment!

RETOUR