On pourrait appeler ça le paradoxe des amateurs et en
faire un théorème: venant voir ce que l'artiste
a fait de nouveau, ils sont déçus pourtant de ne
pas retrouver ce qu'ils connaissent de l'exposition précédente.
C'est plus grave qu'un métro parce qu'on ne sait pas quand
ce retard peut se rattraper. Le phénomène est d'autant
plus flagrant aux expositions du verrier Jean-Pierre Umbdenstock
parce que celui-ci, plein d'invention et d'humour n'en fait qu'à
sa tête, invente des pirouettes et les amateurs et collectionneurs
se déroutent!
Cette fois ses pièces lançaient des signaux. Arbres,
mains à plus de cinq doigts ou à moins, bonshommes
ou marionnettes ou kimonos ou épouvantails. Mais qui jouent
de toutes leurs extrémités, doigts, cornes, boucles,
mèches folles, cornettes pincées, twistées,
enlevées, pour se déguiser aussi en signes. Idéogrammes,
ils se combinent en séries de cinq ou trois pièces,
en variations: multicolore-uni, blanc mat - bleu brillant, pièce
simple - pièce pleine de doigts, exubérance - des
taches comme jetées àla brosse mais qui sont gouttes
de verre multicolores prises dans la masse - et calme. Solite
insolite disait Anna Karina dans Pierrot le Fou à propos
de Ferdinand, et aussi diurne et nocturne. Ça va bien à
ces bonshommes, et le bleu du verre est fort comme celui à
la fin du film sur la figure du héros. Et ça c'est
un compliment!