Texte de Thierry de Beaumont
dans le catalogue de l'exposition.


"Les disciplines ne m'intéressent pas quand elles sont considérées à l'intérieur de leurs règles. Parcontre, il est important de prospecter les grands espaces existant entre elles..." Alessandro Mendini
On peut situer la fin du verre vers 1986, la fin d'un matériau et le début d'une servitude. Le verre se prépare en effet à servir les desseins multiples d'une génération nouvelle qui n'a pas été préparée à lui. Tous les accidents sont désormais permis, le verre a perdu le contrôle de lui-même. Cette transfusion, comme un désastre, engendre les émotions les plus denses celles qui infirment la naissance d'un nouvel art.
Depuis les années 70, le verre a connu le chemin des ateliers artisanaux de création.
Dans ces ateliers il s'est plié sans ombrage à la volonté de chercheurs lancés à la poursuite de sa matière, de sa "robe", explorant les infinités de solutions que procure sa technique. Mais les recherches se sont épuisées, les puits se sont taris. Le premier explorateur lancé sur la trace de "l'homme de verre" (l'artisan modèle à la Wajda), Jean-Pierre Umbdenstock, a peut-être découvert cette brisure, cette faillite de la technique pour la technique. Et soudain, le problème artisan/artiste, technique/art, maître-verrier/sculpteur ne s'est plus posé.
Ce n'est pas une histoire de continuité, c'est comme s'il n'avait jamais existé pour le verre. Dès lors, il ne faut plus parler du verre. Est-ce que l'on accorde importance à la toile d'un tableau? Pas plus que l'on ne soupèse la qualité de l'acier d'une voiture avant de l'acheter. Non, ce qu'il faut prendre en compte, c'est la qualité et la liberté du traitement dont il fait l'objet, le traitement comme un art.